Visite guidée alternative d’une expo surréaliste

A moins qu’il ne s’agisse d’une visite surréaliste d’une expo alternative… A vous de juger!

A l’occasion des dix ans du musée Magritte de Bruxelles, une centaine d’oeuvres de deux maîtres du surréalisme ont été réunies : Magritte (1897-1967) et Dali (1904-1989).

Ces deux avant-gardistes aimaient rappeler la tromperie que le langage opère sur les objets que nous observons ou que ce que nous croyons voir est de toutes façons déconstruit par nos pulsions

Nous avons profité de notre dernière escapade en amoureux à Bruxelles pour visiter cette exposition avec notre regard coquin, avec une question en tête : nos pratiques libérées et autres fantasmes pouvaient-ils se refléter dans une exposition aussi sérieuse?

Et pour être fidèle à l’esprit de la rubrique, la visite d’une expo de peinture peut-elle être une source d’inspiration pour faire glisser notre conversation vers des coquineries ?

Démonstration…

Commençons par ce Dali de 1960 intitulé « Continuum à quatre fesses – Naissance d’une divinité ». On ne pourra pas m’empêcher d’y trouver aussi une imagerie phalliqueDali-Phalus

Mais c’est peut-être plus clair avec le « Désir inassouvis » (Dali, 1928) ci-dessous où l’on peut voir l’attirance quasi magnétique par les formes féminines de sa partenaire. Doit-on y voir aussi une certaine domination de l’homme tant son sexe semble petit au regard de courbes rebondies de l’objet de son désir?

Dali-domination

Presque sage, cette jeune femme exhibitionniste s’offre à nous pour notre plus grand plaisir dans cette huile de Magritte (1954). A moins que ce ne soit notre regard qui la déshabille, allez savoir ?

Magritte exhib

Dans la tentation de Saint Antoine (1946), Dali nous représente la solitude d’un homme, dénudé, genou à terre, qui tente de faire face à ses puissantes tentations (l’étalon cabré) au beau milieu du désert…
Le désir y est représenté par une femme, le dominant du haut de sa monture (un éléphant!), dansant cheveux au vent et se caressant les seins. Rien que ça…
Et comme si cela ne suffisait pas, elle est suivie par une chambre dont la fenêtre ouverte laisse entrevoir la poitrine et le ventre d’une autre créature attirante.
Autant dire que, pour son plus grand plaisir (s’il finit par accepter sa condition de sexe fort dominé 😉 ),  notre pauvre homme « risque » de succomber à la tentation!

Dali-tentation-desir

Les fétichistes et adeptes du BDSM ne sont pas non plus en reste.
Commençons avec le « Soulier » (Dali, 1932), associé à une potence, des cordages et un poids qui n’a rien à envier au parfait kit pour une bonne séance d’encordage en règle.
Au cas où le message ne serait pas assez clair, deux corps enlacés et dénudés sont « collés » au talon, sous une petite dentelle évoquant un lambeau de lingerie sexy qu’ils se sont empressés d’arracher frénétiquement. Pour la cuillère, je vous laisse imaginer l’usage que vous voudriez bien en faire.

Fetish-pied

Fétéchisme toujours avec cette Vénus de Milo revisitée par Dali avec ses pompons et autant de surprises sensuelles à découvrir dans chaque zone érogène « tiroir » de son corps.

Dali-venus Milo fetish

Plus évocateur de l’univers de la soumission, ce « Visage aux fourmis » (Dali, 1936-1937) me semble tout droit sorti d’une soirée BDSM. Un visage soumis se laissant pénétrer, les yeux fermés par des sensations de picotement procurés par une roulette à pics

Dali-SM

Voilà pour la visite guidée hors piste de cette expo. J’espère que la démonstration a été convaincante. Mais avant de vous quitter, je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous trois autres pièces de Dali.

Ce dernier n’a pas hésité à imaginer une fin « alternative » à la journée de dur labeur des deux célèbres paysans peints par Millet (1857-1859) dans un projet qui était destiné à la gare de Perpignan (Hommage à Millet, 1965). Lorsque l’angelus retentit, nos deux protagonistes auraient en effet délaissé la brouette quotidienne pour s’adonner à une  levrette bien méritée. A moins qu’il ne s’agisse d’une sodomie? On ne le saura jamais. En revanche, nul doute ne peut planer sur l’intention derrière la toile « la jeune vierge autosodomisée par les cornes de sa propre chasteté (Dali, 1954). A part peut-être le mode d’emploi…
En parlant de mode d’emploi, il est pour le coup plutôt explicite dans la scène érotique (Dali, 1967) dans laquelle sept corps se mélangent et s’interpénètrent

Et pour terminer, un peu d’amusement collectif subversif avec cette fantaisie érotique sur les prénoms de Paul (Eluard) et de Gala (Dali, 1931) donnée par Dali à Eluard*. Les amateurs de soirées libertines apprécieront.

Dali - Paul Gala.jpg

 

*Pour la petite histoire, Magritte et Dali se rencontrerons un bel été de 1929. Paul Eluard et Gala les y rejoindrons à la suite de quoi, cette dernière finira par le quitter pour Dali. Deux ans plus tard, Dali, beau joueur, lui offrira ce dessin…

 

 

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